Les biais cognitifs

Les biais cognitifs, c’est quoi ?

Les biais cognitifs sont des erreurs de raisonnement ou de jugement. Des raccourcis de pensée automatiques, qui nous font prendre des décisions de façon hâtive.

Aux origines de l’homme, certains biais étaient utiles pour survivre :

Dans la forêt, vous entendiez du bruit dans les fourrés, automatiquement vous vous mettiez sur vos gardes pour assurer votre survie… Un ours ?  Ouf non, ca va, c’était Robert au petit coin…

Dans notre société moderne par contre, ils sont souvent inadaptés.

Nous les utilisons, sans nous en rendre compte, chaque jour.

Prenons un exemple :

Imaginez-vous un midi ou un soir, en pleine rue, avec l’un de vos proches. Vous recherchez un restaurant pour passer un agréable moment ensemble, autour d’un bon plat. Vous passez devant plusieurs d’entre eux, sans parvenir à vous décider.

Et là, vous arrivez devant un restaurant où une bonne dizaine de personnes font la queue, dans l’espoir d’obtenir une table. Vous vous dites sûrement que ce restaurant doit être excellent pour qu’il y ait une telle file d’attente !

Vous aussi souhaitez alors y obtenir une table, en faisant la queue, comme les autres ! Vous voilà victime d’un biais cognitif, celui de l’influence sociale :

Lorsque l’on n’est pas certain de la manière dont on doit agir, on va se fier au comportement des autres et s’y conformer.

Revenons sur l’exemple du restaurant et analysons-le :

  • Une file d’attente est-elle réellement un gage de qualité du restaurant ?
  • Cette file d’attente peut-elle être constituée de personnes qui, comme vous, cherchaient un restaurant sans parvenir à se décider ? Elles sont peut-être passées devant ce restaurant, ont vu la file d’attente et se sont dit « tiens… ! »

Poussons le bouchon encore plus loin :  le patron du restaurant, s’il a connaissance de ce biais, a peut-être demandé aux employés de provoquer la file d’attente pour attirer de la clientèle… Vous trouvez cela exagéré ? Pourtant, l’univers du marketing se sert des biais cognitifs depuis bien longtemps pour influencer vos choix (Nous verrons un autre exemple un peu plus loin).

A quoi servent-ils ?

  • À trouver du sens aux choses.

Les biais cognitifs nous aident à combler l’incertitude, l’ignorance et à nous rassurer ! Vous ne savez pas quel restaurant choisir ? Pas de panique, les autres vont vous aider à choisir ! D’ailleurs, qui n’a jamais regardé les sites de notations des restaurants, où les notes sont attribuées par… les autres consommateurs ?

  • À trier les informations pour accélérer la prise de décision.

Lorsque nous sommes dans l’urgence, et qu’il faut prendre une décision, le cerveau va privilégier les informations qu’il connaît. Nous allons alors nous baser sur des préjugés, des idées toutes faites, avec les risques que cela comporte. Qui ne s’est pas dit après coup, en ayant plus de temps pour réfléchir : « oh non… j’aurais dû… »

Comment ne plus tomber dans leur piège ?

La mauvaise nouvelle, c’est que vous serez toujours confrontés aux biais cognitifs.

Cependant, ils nous apprennent plusieurs choses importantes :

  • Nos décisions peuvent être biaisées
  • Nous devons éviter de prendre des décisions de façon hâtive, au risque d’être mal influencé par un biais
  • En sachant cela, avant de prendre des décisions, nous devons nous poser les bonnes questions :
    • Disposons-nous de tous les éléments pour nous décider ?
    • Sommes-nous influencés par un ou plusieurs biais cognitifs ?

Et cela s’applique à différentes situations, avec différents biais cognitifs.

Il y en a même beaucoup : on en a recensé plus de 250 ! Un nombre qui continue d’augmenter au fur et à mesure des découvertes.

Rassurez-vous, nous n’allons pas tous les aborder ici !  Voici 3 biais cognitifs que j’avais envie de vous présenter :

  • L’effet de leurre

Voici un biais qui est très utilisé dans le marketing.

Prenons cet exemple, trouvé dans un journal. L’offre pour s’y abonner proposait 2 options  :

Offre A : version numérique à 99€

Offre B : version numérique + version papier à 149€

2 choix qui pourraient être difficiles à départager pour certains :  l’une est moins chère mais l’autre est plus avantageuse. Il est alors opportun d’apporter un troisième choix pour nous aider à nous décider : un leurre

Offre C : version papier à 149€

Et là, d’un coup, cela devient plus facile de se décider ! Pourquoi prendre l’offre C alors qu’elle est moins avantageuse que la B ? Les deux ont le même prix, alors que la B offre plus en quantité… Quant à l’offre A, elle devient sûrement moins intéressante à vos yeux.

Et vous avez déjà l’impression de faire une bonne affaire avec l’offre B…

  • L’escalade d’engagement

Un joueur de poker, ou de n’importe quel jeu d’argent, perd tout au long de la soirée. Il enchaîne les coups de malchance. Pourtant il persiste, il dit qu’il va se refaire…

Vous êtes en caisse d’un supermarché, vous faites la queue depuis 10mn et cela n’avance pas. Vous pourriez tenter une autre caisse. Pourtant, vous restez dans la même file, agacé(e), mais vous restez.

Vous connaissez quelqu’un qui est dans une relation toxique. Cette personne le sait, et pourtant elle reste dans cette relation.

Voilà vous devinez peut-être la signification du biais de l’escalade d’engagement :

C’est le fait de persister dans un comportement, bien qu’il produise un résultat inverse à celui attendu.

  • L’effet Dunning – Kruger (mon préféré !)

Nous sommes en 1995, aux États-Unis. Un homme braque deux banques à visage découvert, face aux caméras…. Ça ne rate pas, le braqueur est rapidement identifié et arrêté. Pourtant celui-ci est étonné d’avoir été identifié : il déclare à la police s’être pourtant aspergé le visage de…. Jus de citron ! Oui, vous savez, celui que l’on utilise pour faire de l’encre invisible. En toute logique (disons plutôt SA logique), il aurait dû lui-même devenir invisible !

De cette histoire véridique naitra la modélisation de l’effet Dunning – Kruger :

Notre niveau de compétence dans un domaine est corrélé à notre perception de compétence dans ce domaine.

En d’autres termes : moins nous en savons dans un domaine, plus nous surévaluons notre compétence dans ce même domaine.

Par contre, plus nous continuons à apprendre sur un sujet, plus nous réalisons que nous sommes loin de maîtriser le sujet.

Pour en savoir plus, je vous recommande :

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